Le point sur… le bilan communal

Un document de campagne de la liste « Thue et Mue – un avenir commun », présentant le bilan de Michel Lafont – maire sortant, vous a été distribué début février sur la commune. Ce document se veut le reflet de six années d’action, mais à sa lecture, nous avons été frappés par le décalage entre les chiffres annoncés et la réalité que vous vivez quotidiennement.

La démocratie ne peut se satisfaire de vérités partielles ou de sondages trompeurs. Parce que vous méritez une information complète et honnête, la liste « Thue et Mue – Avançons Autrement » a décidé de passer ce bilan au crible.

1. Sondage de satisfaction : 80 %… mais qui a été consulté ?

La liste conduite par le maire sortant avance que 80 % des habitants sont satisfaits de son action. Or, après analyse, les données montrent que ce sondage n’est absolument pas représentatif de la population de Thue-et-Mue. Le problème : l’échantillon repose sur un questionnaire en ligne basé sur le volontariat. Ce n’est pas un reflet de la commune, mais uniquement l’avis d’un groupe spécifique.

  • Une méthode biaisée : le principe d’un sondage, pour qu’il soit exploitable, repose sur un échantillon clairement identifié et représentatif de la population consultée (sexe, catégorie socio-professionnelle, âge…).
  • Une représentativité insuffisante : les chiffres oublient une grande partie de nos concitoyens. Seules 400 personnes ont répondu au questionnaire en ligne, soit environ 6% de la population de Thue et Mue.
  • Des zones délaissées : les petites communes déléguées sont largement sous-représentées dans ces résultats.

Avec de tels déséquilibres, il est impossible de prétendre refléter l’opinion globale des habitants.


2. Fiscalité : Le vrai prix de la fusion

Dans le bilan du maire sortant, la liste « Thue et Mue – un avenir commun », affirme n’avoir jamais augmenté les taux d’imposition foncier depuis 2017. Si l’affirmation est techniquement exacte sur le papier, elle ne reflète absolument pas la réalité du portefeuille des habitants. Le problème : pour les contribuables de 5 des 6 communes déléguées, les impôts fonciers ont grimpé chaque année.

  • Hausse automatique : depuis la fusion, dans 5 communes déléguées sur 6 (Brouay, Cheux, Le Mesnil-Patry, Putot-en-Bessin et Sainte-Croix-Grand-Tonne), les impôts fonciers ont augmenté chaque année.
  • Le mécanisme de « lissage » : le taux local de chaque commune a été relevé progressivement pour s’aligner sur celui, plus élevé, de Bretteville-l’Orgueilleuse.
  • Un mécanisme invisible : la municipalité n’a pas eu besoin de voter de nouvelles hausses, puisque l’augmentation était programmée par la structure même de la commune nouvelle.

Dire que les impôts n’ont pas augmenté est donc un raccourci trompeur. Pour une grande partie de Thue-et-Mue, la facture s’est bel et bien alourdie année après année.


3. Voirie et Espaces Verts : Manque de vision globale

Dans le bilan du maire sortant, la liste « Thue et Mue – un avenir commun » met en avant des rénovations de rues et l’entretien des espaces verts comme des succès majeurs. Pourtant, derrière la communication, les interventions restent isolées. Le problème : L’absence de stratégie claire et l’utilisation d’obligations légales pour masquer un manque d’initiative locale.

  • Sécurité oubliée : si certaines rues ont été refaites, d’autres restent dangereuses. Exemple :  la rue du Colonel Baker (Saint Manvieu – Cheux). Si le revêtement a été refait, si une partie a été aménagée afin d’assurer la sécurité des piétons, tout un tronçon reste extrêmement dangereux en l’absence de trottoir pour rejoindre la partie au-delà de la route départementale.
  • Absence de stratégie : la commune ne dispose d’aucun diagnostic global de l’état de la voirie ni d’une programmation transparente des travaux.
  • Appropriation abusive : l’effacement des réseaux (Brouay, Putot, etc.) est piloté et financé en grande partie par le syndicat d’énergie, pas par la mairie.
  • Fausse initiative : le passage au « zéro phyto » est présenté comme un choix local alors qu’il s’agit d’une obligation légale nationale depuis 2017 (loi Labbé).

La transparence, c’est admettre que l’entretien courant et les obligations de la loi ne constituent pas une politique de développement.


4. Sécurité : Au-delà de la communication

La liste conduite par le maire sortant présente des aménagements de routine comme un bilan de sécurité exemplaire. Mais quelle est la réelle stratégie derrière les quelques caméras et zones 20 / 30km/h?

  • Un bilan « maigre » : les dispositifs cités (défibrillateurs obligatoires, plans de circulation locaux, caméras ajoutées lors de rénovations) relèvent de l’équipement de base ou d’obligations légales.
  • Aucun diagnostic réel : Il n’existe aucune vision d’ensemble ni de diagnostic réel des besoins de sécurité pour chaque commune déléguée.

Présenter des aménagements obligatoires comme une ambition politique est trompeur.


5. Investissements : Qui finance réellement ?

La liste conduite par le maire sortant met en avant un chiffre impressionnant de 1,5 million d’euros d’investissements par an. Derrière cette annonce, il est essentiel de regarder ce que la commune finance réellement :

  • L’illusion des chiffres : environ 70 % de ces montants proviennent en réalité de subventions extérieures (État, Région, Département).
  • L’effort réel de la commune : le financement direct par Thue-et-Mue est d’environ 450 000 € par an, et non 1,5 M€.
  • Vos impôts partout : les subventions ne sont pas de « l’argent gratuit » : ce sont aussi vos impôts que vous payez à d’autres échelons.

Présenter un montant global sans distinguer l’autofinancement des aides extérieures est trompeur.


6. Gouvernance : Une démocratie de façade ?

Le bilan vante une « gouvernance résolument ouverte » basée sur la participation de 36 habitants engagés. Les faits observés sur le terrain invitent à nuancer fortement cette présentation :

  • Démissions en série : plusieurs membres des commissions ont démissionné, estimant que leurs contributions n’étaient jamais prises en compte dans les décisions finales.
  • Le cas « Pigeon Bétons » : la municipalité n’a organisé de réunion qu’après une forte mobilisation citoyenne et une action en justice. La concertation n’est intervenue qu’une fois la liste sortante déjà engagée.
  • Passivité : l’exemple du projet d’implantation d’éoliennes à Sainte-Croix-Grand-Tonne est également significatif d’un manque de concertation réelle.

La participation citoyenne ne doit pas être un outil de communication, mais une méthode de travail sincère.